Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 09:22

À l’approche des Jeux Olympiques 2012 qui se tiendront bientôt à Londres, penchons-nous quelques instants sur l’image du sport à travers différents pays et cultures. En effet, il n’est pas perçu de la même manière que l’on se trouve en Orient ou en Occident, en Europe ou en Afrique, outre-Atlantique ou outre-Manche.

Chaque pays a un sport national : celui dont la pratique est la plus répandue à travers le pays, celui dont on est fier lors de rencontres sportives mondiales et pour lequel on peut passer des heures devant son écran de télévision, à scander des infamies contre l’équipe adverse.

 

Petit tour d’horizon de quelques-uns de ces sports nationaux à l’aide d’exemples tirés de chaque continent :


L’athlétisme : ce sport, dont l’étymologie grecque athlos signifie « combat », est très populaire sur le continent africain, notamment en Somalie, Éthiopie et au Kenya. C’est également le sport national de la Jamaïque.

 

L’athlétisme regroupe plusieurs disciplines sportives, à savoir les courses, la marche, les sauts et les lancers. L’objectif des athlètes est de dépasser la performance de leurs adversaires en endurance, en vitesse, en distance ou encore en hauteur.

 

Du point de vue culturel, cette discipline sportive a inspiré de nombreuses sculptures grecques représentant des athlètes en plein effort. En littérature, l’auteur grec Pindare a dédié plusieurs de ses poèmes et pièces de théâtre aux héros sportifs de son temps. 

 

Pour aller plus loin,  un article sur le sculpteur grec Myron et sa statue d’athlète le Discobole :

http://info-arts.blogspot.fr/2010/05/myron.html

 

Le base-ball : c’est le sport n°1 aux États-Unis ainsi qu’au Japon. Il s’agit d’un sport collectif qui trouve ses origines dans le cricket. Les joueurs sont munis de battes destinées à frapper la balle et de gants pour pouvoir la rattraper une fois lancée.

 

Ce sport fait partie de la culture populaire américaine et se décline au cinéma, dans des films nominés aux Oscars tels que Le Meilleur avec Robert Redford et Jusqu’au bout du rêve avec Kevin Costner.

 

Le cricket : il s’agit d’un sport de balle et de batte se jouant sur un terrain en herbe de forme ovale et opposant deux équipes, chacune composée de onze joueurs dont deux batteurs. Un des joueurs lance la balle en direction du guichet (structure en bois située aux extrémités du terrain) d’un des deux batteurs.

 

Le cricket est très populaire en Angleterre ainsi que dans les pays de l’ancien Empire colonial britannique, au premier rang desquels l’Australie.

 

Pour aller plus loin, un article sur les émeutes de Londres en août dernier où l’auteur revient sur la culture de la batte de cricket en l’opposant à celle du baseball préconisée par les casseurs : http://fromparistolondon.blogs.france24.com/article/2011/08/13/les-emeutes-massacrent-la-culture-du-cricket-2

 

Le football : c’est le sport national le plus répandu au monde. Il est très apprécié sur le continent européen (France, Allemagne, Italie, Espagne, Royaume-Uni) comme sud-américain (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay).

 

Le football est porté par un mouvement de soutien populaire inconditionnel. Certains supporters, trop fervents, peuvent tomber dans le hooliganisme où la rivalité entre les différents clubs de football internationaux et nationaux atteint son paroxysme.

 

Ce sport est omniprésent dans la presse écrite : L’Équipe (France), La Gazzetta dello Sport (Italie) et Olé (Argentine), ainsi que dans les médias audiovisuels du monde entier : BBC et Sky (Royaume-Uni), TF1 et Canal + (France).

 

Pour aller plus loin, les sites de la FIFA (Fédération internationale de Football Association) et de l’UEFA (Union européenne des associations de football) :

http://fr.uefa.com/ et http://fr.fifa.com/

 

Le hockey sur glace : il est très présent au Canada ainsi qu’aux États-Unis et dans les pays scandinaves (Finlande, Suède). Il s’agit d’un sport d’équipe pratiqué sur patinoire où les joueurs, chaussés de patins à glace et munis d’un bâton de hockey, doivent envoyer le palet à l’intérieur du but adverse pour marquer des points. Le hockey est considéré comme le « sport collectif le plus rapide du monde », mais il est aussi l’un des plus dangereux.

 

Très populaire dans la culture télévisée canadienne et américaine, de nombreux personnages principaux de séries télévisées crient leur passion pour ce sport. Joey, Chandler et Ross de la série Friends se rendent à de nombreux matchs des Rangers, par exemple.

 

Le judo : ce sport de lutte et art martial, originaire du Japon, a été fondé en 1882. C’est le sport national de la Corée du Nord.

 

Il met en jeu des techniques de projection et de contrôle au sol. Les judokas (pratiquants) portent une tenue de coton blanche ou bleue, le « judogi », et s’adonnent à ce sport dans un lieu appelé « dojo ».

 

On pratique ce sport pieds nus sur un tatami, revêtement de sol traditionnel japonais, présent dans les habitations ainsi que dans les temples.

 

Pour aller plus loin, le site de la Fédération française de judo : http://www.ffjudo.com/ffj

 

Le rugby : c’est un sport collectif né au XIXe siècle dans la ville de Rugby (comté du Warwickshire) au centre de l’Angleterre.

 

Il existe plusieurs variantes de rugby : le rugby à XIII ou rugby league, le rugby à XV ou rugby union, sport national de la Nouvelle-Zélande avec la fameuse équipe des All Blacks et de l’Afrique du Sud et l’équipe de Springboks. Le rugby à XIII et à XV peut se jouer en fauteuil roulant. Le quad rugby est d’ailleurs un sport paralympique né au Canada en 1977.

 

Le rugby à sept qui se joue, comme son nom l’indique à sept joueurs (trois avants quatre arrières), deviendra un sport olympique en 2016. 

 

Pour aller plus loin, une analyse de Jean-Pierre Augustin intitulée « Le rugby : une culture monde territorialisée » :

http://www.cairn.info/revue-outre-terre-2004-3-page-261.htm

 

Le tennis de table ou ping-pong : ce sport de raquette né en Angleterre au XIXe siècle, opposant deux ou quatre joueurs autour d’une table, est particulièrement apprécié en Chine et à Hong-Kong. En effet, des millions de Chinois appelés « pongistes » s’y adonnent chaque jour.

 

Depuis 1988, le tennis de table, au même titre que d’autres disciplines sportives, est un sport olympique. La Fédération internationale de tennis de table (FITT) regroupe plus de 33 millions de licenciés venant des quatre coins du monde.

 

Toutefois, le ping-pong est avant tout un sport de loisirs qui touche l’ensemble des catégories socio-culturelles. De nombreux foyers à travers le monde possèdent une table de ping-pong.  

 

Et des disciplines sportives un peu moins connues, mais tout aussi estimées dans la culture nationale des pays :


Le bouzkachi : le sport national de l’Afghanistan, également apprécié dans d’autres pays du Moyen-Orient, parmi lesquels le Pakistan, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, est appelé le « jeu de l’attrape-chèvre ».

 

Ce sport équestre d’Asie centrale a pour étymologie persane : boz (la chèvre), kachi (la traction) et kéchidan (tirer, apporter avec soi).

 

Deux équipes de dix joueurs à cheval ont pour objectif de ramasser la carcasse décapitée d’un animal (la plupart du temps, une chèvre) placée au centre du terrain de jeu et de la placer dans une zone déterminée pour marquer des points.

 

Dans la culture littéraire, Joseph Kessel a fait du bouzkachi la trame de son roman Les Cavaliers, adapté ensuite au cinéma sous le titre de La Passe du diable (1956).

 

Pour aller plus loin, une vidéo sur le bouzkachi (ici, la chèvre est remplacée par un veau) :

http://www.dailymotion.com/video/xi7vip_le-bouzkachi-un-symbole-de-l-identite-afghane_news

 

Le hurling : ce sport d’extérieur, surtout pratiqué à la campagne, fait partie de l’identité nationale de l’Irlande. Ses origines remontent au VIIe et VIIe siècles.

 

Le hurling se joueavec une crosse longue d’environ un mètre, appelée « hurley » utilisée pour taper dans une petite balle en cuir nommée « sliotar ». Les règles de ce sport sont similaires à celle du football gaélique.

 

Ce sport est considéré comme étant le sport d’équipe le plus rapide et l’un des plus dangereux au monde, au même titre que le hockey sur glace. Une version féminine appelée « camogie » existe également.

 

Pour aller plus loin, un excellent article sur le hurling :

http://www.slate.fr/story/38115/hurling-sport-dingue

 

La muay thaï : encore appelé « boxe thaïlandaise », ce sport de combat est une vraie passion nationale en Thaïlande. Il a été créé pour les militaires thaïs dès le début du XVIe siècle.

 

La muay thaï est très populaire mais assez dangereuse. Les coudes et les genoux sont extrêmement sollicités. Toutefois, elle augmente les capacités cérébrales et mentales (détermination, volonté, courage) et les aptitudes physiques (vitesse des réflexes, souplesse et puissance musculaires)

 

En Thaïlande, le sport est considéré comme une source de bien-être, alliant le corps et l’esprit. Jeunes et moins jeunes s’y adonnent à cœur joie.

 

Chaque sport a ses « stars », de véritables ambassadeurs et ambassadrices de la discipline, une vitrine de la culture sportive d’un pays aux yeux du monde entier. Pour n’en citer que quelques-uns : Usain Bolt (athlétisme/Jamaïque), David Beckham (football/Angleterre), Maria Sharapova (tennis/Russie), Sébastien Chabal (rugby/France), Lance Armstrong (cyclisme/États-Unis) et Michael Schumacher (Formule 1/Allemagne).


Il ne faut pas non plus oublier l’importance des hymnes nationaux ou chants patriotiques lors de grandes rencontres sportives. L’hymne représente un accueil respectueux des deux équipes nationales qui vont s’affronter.


Le sport a un pouvoir fédérateur, autant au sein des pays, des cultures qu’entres les hommes. C’est lors de grandes manifestations sportives telles que les Coupes du monde de rugby ou de football, les Jeux Olympiques, le Tour de France ou encore le Paris-Dakar que nous prenons conscience de l’importance du sport et de la cohésion humaine, sociale et culturelle qu’il implique.

 

Diane S.

Sources :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_sports_nationaux_par_pays

http://blog.telelangue.com/sport-a-travers-le-monde-quoi-faire-et-ou/

http://unmondedesports.free.fr/

 

 

 

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Dimanche 1 avril 2012 7 01 /04 /Avr /2012 15:10

L’autre jour, alors que, grippée, j’attendais dans la salle d’attente chez le médecin, j’ai assisté à une scène tout à fait intéressante qui m’a poussé à écrire cet article. À la fin de son rendez-vous, une petite fille de 4-5 ans maximum a regardé le médecin dans les yeux et s’est exclamée, l’air grave : « Bah dis donc, avec tout le monde qui t’attend docteur, tu dois t’faire un paquet de fric ! » Sa mère, à côté, est devenue écarlate en l’espace d’une seconde. Sourires gênés. « Excusez-la, elle est petite. » Le médecin, bien sûr, hilare, et moi de même.

 

C’est la réaction de la mère qui m’a inspiré cet article. Il n’y a que les enfants pour parler librement de sujets strictement tabous chez les adultes. Ici, l’argent, le nerf de la guerre, le tabou français par excellence.

 

Oui, chacun le sait, en France parler d’argent ne se fait pas. Que quiconque s’avise de parler de son salaire, du montant des impôts qu’il paie ou du prix de ses dernières vacances, il s’attirera presque automatiquement le mépris, la jalousie ou l’indifférence des collègues ou connaissances à qui il tient son discours. Autant le savoir, donc, avant d’entamer des négociations commerciales, salariales ou même avant d’aborder le sujet avec un groupe d’amis. Vous risquez de tendre légèrement l’atmosphère, car en France, « dire combien on gagne, revient à dire combien on vaut ».

 

Parler d’argent avec un Français, c’est se confronter à une culture qui, dans ses racines, a fait de l’argent un tabou, un signe d’avilissement. Revenons quelques siècles en arrière : l’argent, c’est pour les bourgeois, les roturiers. Gagner de l’argent est réservé aux gens qui travaillent, les red necks. Les nobles eux, ne travaillent pas, ils n’en ont pas le droit, ils sont au-dessus de ça. L’argent donc, c’est ce qui distingue le vil du noble.

On peut même revenir encore bien des siècles en arrière, lorsque Jésus s’exclame, selon St Luc : « Malheur aux riches ! ». « L’homme qui s’enrichit est promis à de lourdes punitions », ajoute-t-il. Pas facile donc, de parler d’argent sans tabou quand traditionnellement les cultures chrétienne et française valorisent la pauvreté et diabolisent l’accumulation de richesses.

 

En revanche, c’est une précaution qu’il n’y a pas besoin de prendre avec toutes les cultures. Parlez d’argent avec un Américain et vous trouverez votre interlocuteur tout à fait décontracté. Encore une fois, il y a bien des siècles d’histoire qui permettent d’expliquer cette attitude. En 1889, Carnegie, riche industriel, introduisait dans son ouvrage The Gospel of Wealth des principes tels que l’obligation d’utiliser son argent de son vivant. Le fameux dicton « Tu ne l’emporteras pas dans la tombe » n’a jamais eu autant de sens.

 

Un éclairage religieux permet également d’expliquer le rapport à l’argent ayant cours de l’autre côté de l’Atlantique. Chez les protestants, en effet, l’argent n’est pas vil : c’est au contraire un signe divin. Réussir, selon Calvin, peut être interprété comme un signe de l’élection divine. C’est ainsi même que le capitalisme est né. Comment l’argent pourrait-il donc être tabou outre-Atlantique ?

 

Rendez-vous sur les sites des musées d’Orsay ou d'Art moderne de Paris, puis sur les sites du Metropolitan Museum of Art ou du MoMA et vous verrez que sur les sites des musées français, la rubrique « Don » est bien cachée, tandis qu’elle figure en navigation principale sur les sites des musées américains (« Give and Join » et « Support »). Une coïncidence ? Certainement pas…

 

Charlotte G.

Pour lire cet article en anglais

Pour lire cet article en italien


Pour aller plus loin :

Un article en anglais très intéressant sur le rapport à l’argent au Japon :

http://joi.ito.com/weblog/2004/01/09/the-cultural-co.html

L’imaginaire de l’argent, un PDF très intéressant sur l’argent, sous tous ses aspects :

http://www.nbbmuseum.be/doc/chap7f.pdf

Parler d’argent en entreprise, pas facile :

http://www.capital.fr/carriere-management/dossiers/l-argent-comment-parler-d-un-sujet-tabou-en-entreprise-586896

 

 

Sources :

Cours d’Empreintes Culturelles de J. Cohen

http://www.lexpress.fr/emploi-carriere/emploi/parler-de-son-salaire-plus-tabou-que-de-parler-de-sexe_973708.html

http://www.regards.fr/societe/janine-mossuz-lavau-l-argent-est

http://www.lefigaro.fr/magazine/20070202.MAG000000390_l_argent_est_il_tabou_en_france_.html

http://www.marketing-professionnel.fr/tribune-libre/rh-fonction-marketing-negociation-salaire-01-2011.html


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Jeudi 8 mars 2012 4 08 /03 /Mars /2012 13:30

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Bonjour Marie, peux-tu nous dire pourquoi tu as décidé de faire Erasmus et dans quel cadre ?

En fait j’ai toujours été attirée par l’étranger… J’ai vu le film L’Auberge espagnole, et c’est exactement ce que je m’imaginais : découvrir un nouveau pays, rencontrer plein d’étrangers, l’aventure quoi… Je suis partie à Jyväskylä, dans la région des lacs de la Finlande, pendant ma licence 3 de lettres modernes.


Pourquoi avoir porté ton choix sur la Finlande ?

Pour plusieurs raisons ! Je veux devenir prof des écoles et j’ai vu un reportage sur les écoles en Finlande, qui a le meilleur système éducatif d’Europe. Je voulais venir sur place pour non seulement profiter de ce système à la fac, mais aussi aller observer les écoles finlandaises. Sinon je me suis renseignée sur le site Internet de la fac de Jyväskylä, où j’ai remarqué qu’il y avait de nombreux voyages proposés aux étudiants étrangers, notamment en Laponie et en Russie. C’est également ce qui a motivé mon choix. Enfin, c’est un pays où les cours sont donnés en anglais et où la population parle anglais couramment. Or un de mes objectifs principaux était d’améliorer mon anglais.


As-tu facilement trouvé un logement là-bas ?

Oui, c’est la fac qui a tout organisé ! J’ai fait une demande de logement sur le site Internet de la fac, qui m’a automatiquement choisi un logement. J’ai partagé un appartement dans une résidence étudiante avec une Finlandaise.


As-tu été bien accueillie dans ton université ?

Très bien ! Grâce à un système de tutorat mis en place par l’université, une étudiante finlandaise m’a accueillie à mon arrivée à la gare et m’a conduite à mon logement. Elle m’a aussi fait visiter le campus et m’a aidée pour pas mal de choses de la vie quotidienne, comme acheter un vélo (LE moyen de transport ultime en Finlande !). 


Quelles différences culturelles t’ont frappée entre la France et la Finlande ?

Déjà la nourriture était assez différente. Par exemple là-bas les produits laitiers (fromage, yaourts, etc.) sont très chers. Il est donc habituel de boire un verre de lait le midi à la cantine et de manger des tartines de pain avec du beurre. Par contre, pas de dessert ! Le sauna évidemment est une tradition bien ancrée dans la culture finlandaise. On y voit des personnes de tout âge (même des bébés !) et tout le monde y est nu. Il y a un panneau avec un de maillot de bain barré à l’entrée des saunas publics. Sur le coup c’est assez choquant parce qu’en France nous sommes assez pudiques. Après le sauna, les Finlandais vont se jeter dans les lacs, été comme hiver. Ce sont des gens très proches de la nature. Beaucoup vivent isolés en pleine forêt dans des « cottages ». Chose à savoir avant de partir en Finlande et qui implique un mode de vie très différent : en hiver il fait nuit à 15 h ! La population ne sort donc pas beaucoup à cette période de l’année. Par contre à l’arrivée du printemps, quand les jours commencent à rallonger, c’est comme si tout reprenait vie : on voit des Finlandais partout en terrasse jusque tard.
Pour ce qui est des Finlandais à proprement parler, j’ai remarqué qu’ils semblaient plus calmes et réservés que les Français au premier abord. Par exemple il faut savoir garder ses distances physiquement avec un Finlandais qu’on ne connaît pas bien. Mais une fois qu’on est rentré dans leur cercle privé, on sait qu’on peut compter sur eux !
Il faut noter qu’il est très malpoli de garder ses chaussures quand on arrive chez quelqu’un. A l’école aussi, les enfants sont toujours en chaussettes.

T’est-il arrivé des incidents ou malentendus à cause de ces différences culturelles ?

Oui plusieurs ! La langue finlandaise étant complètement différente du français, il n’y a aucun moyen d’inférer le sens des mots, ce qui peut être gênant dans la vie quotidienne. Un jour par exemple j’ai voulu acheter du sucre au supermarché, et je me suis aperçue en rentrant chez moi qu’en fait j’avais acheté du sel. Sinon la première fois que j’ai rencontré ma colocataire finlandaise, j’ai voulu lui faire la bise, mais j’ai vu qu’elle était très gênée car elle a eu un mouvement de recul. J’ai appris par la suite que pour se saluer les Finlandais se serrent la main.


Comment les Français sont-ils perçus là bas ?

Ils sont perçus comme très romantiques. Et ils te parlent tout de suite de Paris ! Mais aucun Finlandais ne m’a jugée sur ma culture, ils étaient tous très ouverts.


T’es-tu bien intégrée ?

Avec les autres étudiants étrangers ça s’est très bien passé car le fait d’être tous loin de chez nous nous a rapprochés, on se serrait les coudes. Pour ce qui est des Finlandais au début ça a été un peu difficile avec ma colocataire car on ne savait pas trop comment communiquer. Il nous a fallu un bon mois pour être plus proches.


Qu’as-tu fait de ton temps libre ?

La fête ! On a organisé beaucoup de repas internationaux où chacun préparait une spécialité de son pays, ce qui nous permettait de découvrir la culture des autres. Il y avait aussi le Café des langues organisé par la fac où on pouvait venir apprendre ou enseigner la langue de son choix. J’ai également fait plusieurs voyages à travers la Finlande, mais aussi en Laponie, en Russie, en Lituanie et en Suède.

Comment as-tu financé ton Erasmus ?

J’ai bénéficié d’une bourse Erasmus et d’une aide du Conseil régional. Evidemment l’aide parentale est aussi indispensable.


Que retiens-tu de cette expérience ?

Ça reste la meilleure année de ma vie, extrêmement riche en expériences, découvertes, voyages et rencontres avec des personnes d’autres cultures. Je retiens surtout de très fortes amitiés que j’ai nouées avec des Erasmus d’autres pays, avec qui je suis toujours en contact aujourd’hui.


Que dirais-tu aux étudiants qui hésitent encore à tenter l’aventure Erasmus ?

Allez-y, foncez ! Car c’est une occasion qui ne se représentera pas après les études.


Quels conseils leur donnerais-tu ?

Ne pas s’y prendre trop tard pour les démarches, bien se renseigner sur les aides financières qui existent, et partir sans a priori, en étant ouvert à ce qui va arriver, car c’est sûr qu’il y aura des différences de mode de vie et qu’il va falloir s’adapter !


Est-ce que cette expérience t’a changée ?

Totalement : j’ai pris confiance en moi en prenant conscience que je pouvais me débrouiller seule dans un pays totalement nouveau. Surtout, ça m’a donné encore plus envie de voyager et de rencontrer des personnes d’autres cultures. Prochaine étape : un voyage en Corée du Sud puis au Japon pour revoir mes amis Erasmus.

 

Merci beaucoup Marie ! Vous aurez compris le message : si vous avez l’occasion de faire Erasmus, foncez ! Comme on le voit bien dans cette interview, une culture ce n’est pas  qu’une autre langue, mais tout un ensemble de traditions, habitudes, modes de vie, comportements sociaux… Qu’on n’apprend pas forcément dans les livres !

 

Charlotte D

 

Lire cet article en anglais
Lire cet article en italien

 

Pour aller plus loin :
- Un site très bien fait avec des articles sur les universités participant au programme, des offres de collocations, des offres de stages, et bien plus encore :
http://www.erasmusworld.org/
- Historique du programme Erasmus et informations pratiques :
http://www.touteleurope.eu/fr/actions/social/education-formation/presentation/partir-en-erasmus.html

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Vendredi 17 février 2012 5 17 /02 /Fév /2012 23:17

Introduction

 

  Il y a quelques années, je me suis plongée dans la lecture d’un roman de Pearl Buck, Vent d’est vent d’ouest (roman qui développe par ailleurs de façon assez intéressante la rencontre entre les traditions chinoises et le monde occidental). Je me rappelle que l’une des scènes m’avait laissée, lectrice française que je suis, relativement perplexe : l’héroïne chinoise allait acheter du tissu pour confectionner les vêtements de son fils nouveau-né. Elle achetait du tissu rouge, noir, et insistait enfin pour avoir du tissu décoré de fleurs de pêche – rose, donc. Cette idée de vêtir un garçon de rose m’avait parue tellement étrange que c’est l’un des rares passages du livre dont je me souvienne encore aujourd’hui.

 

  Et oui, selon les cultures et les époques, les couleurs peuvent revêtir des significations différentes. Par exemple, s’il vous est arrivé de regarder des films indiens, ou plus généralement asiatiques, vous vous serez peut-être étonné de voir que tout le monde était vêtu de blanc pour les enterrements. Même en sachant que le blanc est la couleur traditionnelle du deuil en Asie, l’impression immédiate que nous ressentons, en tant qu’occidentaux habitués à porter du noir pour ce genre d’occasions, est que cela n’est pas « approprié » pour la circonstance.

 

  Imaginez maintenant que vous souhaitiez internationaliser un produit, un logiciel à l’interface colorée, un site internet… Si vous transposez simplement les couleurs en fonction de votre propre perception, sans savoir ce qu’elles représentent pour votre public, vous avez de grande chances de ne pas produire l’effet recherché (évidemment, tout dépend de la culture que vous ciblez). Inconsciemment, nous avons tendance à choisir des couleurs qui ont pour nous une certaine signification, et ce faisant, nous risquons d’envoyer des signaux erronés aux personnes qui nous entourent.


 

La perception des couleurs, un principe universel ?

 

  Certes, la perception des couleurs obéit à certains principes universels (par exemple, des couleurs comme le rouge et le vert ont physiologiquement un effet plus immédiat que le bleu).

 

  Très intuitivement, nous pouvons sentir l’effet « biologique » de certaines couleurs. Par exemple, si vous deviez choisir entre de la nourriture présentée dans un plat rouge ou orange, et le même plat servi dans un plat bleu, il est probable que le premier vous semblerait plus appétissant. En effet, d’un point de vue physiologique, le rouge ou le orange stimulent l’appétit, tandis que le bleu, au contraire, nous semble peu appétissant. D’ailleurs, si on s’intéresse aux couleurs choisies par les grandes marques alimentaires sur leurs logos ou leurs emballages, on voit que la plupart appliquent ce principe. (Avec, cependant, une exception pour les eaux en bouteille, où on utilise souvent le bleu pour renforcer le côté naturel, la pureté.)

 

  Mais, au-delà de ces caractères physiologiques, les couleurs sont aussi porteuses de valeurs, d’un véritable symbolisme qui peut être extrêmement différent selon les cultures et les traditions.

 

 

Quelques exemples

 

  Ci-dessous, vous trouverez une petite liste des principales couleurs et de leurs significations dans certaines aires culturelles. Bien sûre, elle est loin d’être exhaustive, il s’agit plutôt de donner les grandes lignes pour chaque couleur afin d’illustrer l’immense diversité des significations selon les cultures. Pour avoir des indications plus complètes ou plus ciblées, vous pouvez vous reporter aux liens en fin d’article.

 

Bleu :

On considère généralement que le bleu est une couleur relativement « sûre », dans le sens où ses associations sont uniformes dans la plupart des cultures (à quelques exceptions près : pour certains Indiens d’Amérique, le bleu est la couleur de la défaite).
De nos jours, le bleu est considéré comme une couleur plutôt apaisante et « naturelle », qui évoque aussi le rêve, et bien sûr tout ce qui est aquatique. Cela n’a pas toujours été le cas : en Europe, le bleu était censé porter malheur au Moyen-Âge.

 

Blanc :

En occident, le blanc est une couleur particulièrement positive puisqu’elle est considérée comme un symbole de pureté, de virginité, de divin (l’aube des prêtres est blanche). Elle est associée au mariage (robe de mariée), aux naissances.
Dans les pays asiatiques, au Maghreb et en Afrique noire, le blanc est au contraire la couleur du deuil et de la vieillesse.

 

Rouge :

D’un point de vue biologique, le rouge est une couleur qui a un fort impact. Elle a un effet stimulant, et, ainsi que nous l’avons précisé, elle stimule l’appétit.
En occident : attention au rouge ! C’est une couleur aux significations très ambiguës, évoquant à la fois la violence et la passion, l’amour, la colère… d’une manière générale, c’est une couleur chaleureuse, dynamique, synonyme d’énergie. Mais elle est à utiliser avec parcimonie, car en excès elle peut donner une sensation d’agression, de violence (surtout dans les teintes particulièrement intenses).
Le rouge symbolise également l’interdiction : il est utilisé sur les panneaux d’interdiction, car il saute aux yeux et on peut difficilement ne pas le voir, et incite à réagir immédiatement. 
En Chine, le rouge est une couleur porte-bonheur. On la porte par lors des fêtes, des mariages...

 

Noir :

En occident, le noir est généralement associé au deuil, à la solennité, à l’autorité et à la rigueur (tenues des prêtres et religieuses). Là encore, les connotations dépendent du contexte car la couleur est souvent utilisée pour distinguer les « méchants » dans un film, avec donc une valeur négative, mais elle est également la couleur de l’élégance et de la sobriété (quand on pense à une soirée chic, l’image qui vient inévitablement en tête est un flot d’hommes en costume noir et de femmes en robes… noires, le plus souvent).
En Chine, le noir est également une couleur à double connotation positive et négative : elle peut symboliser la force d’esprit, le désintéressement, l’impartialité, mais également le crime et les complots.

 

Vert :

D’un point de vue biologique, le vert est une couleur qui repose la vue.
Dans la culture occidentale, le vert est généralement associé à l’espoir et à la chance. C’est une couleur très utilisée depuis quelques années car elle évoque la nature, l’authenticité, ce qui explique qu’on la retrouve sur nombre d’emballages de produits issus de l’agriculture biologique, ou pour mettre en valeur une démarche environnementale.
En revanche, le vert est à éviter dans les théâtres, où elle est supposée porter malheur. La légende veut que Molière soit mort sur scène en portant un habit vert… Une autre origine serait que l’éclairage utilisé au XIXe siècle ne mettait pas en valeur cette couleur, et qu’elle n’était donc pas portée. A éviter, donc, pour les domaines qui touchent à la culture théâtrale.
En Ecosse, il ne faut surtout pas porter de vert à un mariage, car il porterait malheur aux jeunes mariés.

 

Jaune :

En occident, couleur associée au dynamisme, à l’énergie, au soleil. Le jaune est souvent associé au pouvoir, à la force. Mais encore une fois, à utiliser avec modération dans ses tons les plus intenses pour éviter une fatigue visuelle.
Le jaune pâle, quant à lui, est souvent associé à la maladie en occident. En anglais, le mot « yellow » se réfère à la bassesse d’esprit.
En Chine : c’était la couleur des empereurs de Chine, réservée dans l’antiquité à la famille impériale.
Depuis quelques temps, toujours en Chine, on utilise les expressions livre jaune ou film jaune pour se référer à des contenus pornographiques. Attention, donc, à l’usage que vous en faites !

 


Pour aller plus loin :

Un article très complet sur l’utilisation des couleurs pour les sites internet, incluant une roue indiquant les valeurs de chaque couleur par culture et religion :

http://trinity-advise.com/choix-de-couleurs-pour-mieux-vendre-et-communiquer-sur-le-web/

 

Pour quelques informations complémentaires sur la signification des couleurs en Chine (n’hésitez pas à explorer les autres articles du site) :

http://www.chine-informations.com/guide/significations-des-couleurs-en-chine_259.html

 

A très bientôt pour de nouvelles aventures interculturelles !

 

Sophie

 

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Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 02:39

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Nous, les Italiens, sommes célèbres à l’étranger pour nous exprimer avec des gestes. Nous avons constamment les mains levées, comme pour garder le droit de parole, et si on est obligés de ne pas les bouger, nous avons la nette impression de ne pas avoir bien expliqué, voire exprimé correctement, notre avis. Il s’agit d’un réflexe involontaire que nous apprenons dès l’enfance par imitation de nos parents, de nos enseignants, de nos éducateurs, etc.

 

Cependant, penser que nos gestes sont universels est une erreur qui se produit souvent. Surtout quand on va à l’étranger (et peut-être on ne parle/maîtrise pas la langue locale), on pense pouvoir se débrouiller grâce aux gestes… sans considérer que, comme la langue, les traditions, les fêtes, les vêtements, les couleurs et un millier d’autres éléments, ils ne doivent être lus que dans le système culturel spécifique d’un pays.

 

A l’étranger, par conséquent, il est très important de contrôler le langage du corps, au moins jusqu’à ce qu’on ait la possibilité d’observer les gens du pays et/ou de se documenter. Les malentendus dus aux différences interculturelles des gestes peuvent nous mettre dans l’embarras, ce qui devient encore plus gênant quand on est dans un contexte professionnel. Les gens font des affaires avec les personnes qui les mettent à l’aise. Les vêtements élégants, les excellentes références et les propositions intéressantes sont souvent inutiles devant un geste maladroit, quoique doux et innocent.

 

Dans certains contextes, la sous-estimation de la communication non verbale peut mener à de véritables incidents diplomatiques. Un cas emblématique est celui de Richard Nixon qui, dans les années 1950, s’est rendu en Amérique latine en visite officielle pour renouveler les relations avec les gouvernements locaux avant d’être nommé Président. Quand il est descendu de l’avion, il a fait le geste de l’OK à la foule.

 

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En réponse, il s’est fait hué et sifflé. Pourquoi ? Parce que R. Nixon ne savait pas que, pour ces personnes, faire ce signe à quelqu’un équivalait à le traiter d’idiot. Un autre exemple est celui des cornes.

 

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Aux États-Unis, ce geste est le symbole de l’équipe de football Texas Longhorn, les cornes d’un taureau, alors qu’en Italie il est une lourde offense pour traiter quelqu’un de « cocu ». Voilà donc que, en 1985, cinq Américains visitant le Vatican ressentirent le besoin de se réjouir de la victoire de leur équipe avec le geste des cornes… sans imaginer qu’ils allaient être bientôt arrêtés pour avoir scandalisé le Pape.

 

Il existe de nombreux exemples de ce type au niveau cinématographique. Il suffit de regarder le dernier film de Quentin Tarantino, Inglourious Basterds, sorti en 2009.

 


 

Pour ceux peu familiers avec le film qui se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale, dans cette scène, il y a un espion anglais parmi les officiers allemands SS. L’espion fait sauter sa couverture parce qu’il commande 3 whiskies… avec le geste du « 3 » typique des anglophones (00:52 min). Que serait-il arrivé s’il avait utilisé le « 3 » allemand (avec le pouce, l’index et le majeur soulevés) ? Eh bien, nous n’aurions certainement pas eu droit à cette formidable fusillade !


Je pourrais continuer avec plein d’autres exemples de ce genre, j’ai donc décidé de me concentrer uniquement sur les gestes les plus communs et sur les différences les plus frappantes entre l’Italie et la France. En général, on peut distinguer 4 catégories de gestes :

  • ceux qui existent aussi bien en France qu’en Italie et qui ont exactement le même sens  (ils coïncident) ;
  • ceux qui existent dans les deux cultures, mais véhiculent deux messages différents (pareils mais de sens différents) ; 
  • ceux qui sont différents, mais qui véhiculent le même message ;
  • ceux qui n’existent qu’en France ou en Italie et qui n’ont pas d’équivalents dans l’autre culture (uniques).


Je commence par ceux qui coïncident (sur lesquels je ne m’attarderai pas trop car ils sont parfaitement équivalents). Il y en a beaucoup.

  • A peu près / Comme-ci, comme-ça 

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  • Sommeil 

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  • Répétez 

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  • Téléphone 

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  • Se tourner les pouces 

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  • Nul 

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  • Silence ! / Chut !

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  • Du fric 

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  • Va te faire foutre! 

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  • Délicieux ! / Magnifique ! 

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  • Alors là / bof

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  • Il est cinglé / dingue ! 

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(même si, pour la même chose, en France on a aussi ce geste

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et en Italie celui-ci 15 ). 

 


  • Ça pue ! 

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  • Ça marche / faire du stop (ATTENTION à ne pas le faire en Grèce où ça signifie « va te faire foutre » !)

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  • Victoire (ATTENTION parce que dans certains pays anglophones, comme la Grande-Bretagne, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ce même geste avec la paume tournée vers l’intérieur signifie « Va te faire foutre » !)

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Je passe maintenant aux gestes qui existent aussi bien en France qu’en Italie, mais avec des sens différents. Ceux qui tombent dans cette catégorie sont particulièrement dangereux car ils sont la cause majeure d’incompréhensions et d’embarras.


  • Ce geste naît et se répand aux États-Unis où le pouce et l’index ensemble représentent la lettre O de « Ok ». Mais… attention !!! En France et en Belgique, ça signifie « zéro », « nul », « qui n’a aucune valeur », c’est-à-dire exactement le contraire ! Par conséquent, si un Français vous invite dîner chez lui et, pour lui démontrer qu’il cuisine divinement, vous lui faîtes un bel « Ok », eh bien, c’est sûr que ça sera la dernière fois qu’il vous invite ! Comme déjà mentionné tout à l’heure, dans de nombreux pays de l’Amérique latine, ce geste équivaut à une offense, alors qu’au Japon ça veut dire « argent ». Donc soyez prudents lors d’un voyage dans ce pays car, si vous le faîtes, on pourrait penser que vous êtes en train d’exiger un pot-de-vin ! En revanche, en Grèce, ça veut dire que vous traitez quelqu’un d’homosexuel.  

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  • Ce geste en Italie est utilisé pour dire que quelqu’un parle à tort et à travers, alors que, en France, c’est le geste « du camembert » et il indique à quelqu’un de se taire.

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  • Ce geste en Italie signifie “je m’en fous” (de ce que tu dis, de ce que tu penses, de ce que tu me racontes, etc.), alors qu’en France, c’est le geste qui sert à faire bisquer quelqu’un. 

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Le geste français pour « je m’en fous » existe, mais c’est le suivant.

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  • Ce geste en Italie est utilisé pour dire que quelqu’un est très rusé, intelligent ou que c’est une bonne idée. En France, par contre, ça sert pour exprimer de l’incrédulité (envers ce que notre interlocuteur dit).

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Je passe maintenant aux gestes qui, quoique différents dans les deux cultures, véhiculent le même message. Ceux qui tombent dans cette catégorie sont un peu moins dangereux que les précédents, mais ils peuvent créer de toute façon de l’embarras. Si les interlocuteurs ne les connaissent pas, ils ne pourront pas codifier le message et ils resteront vides, sans aucun sens apparent. (A chaque couple, la première image fait toujours référence au geste français et la deuxième au geste italien).

  • Que dalle ! 

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  • Je m’en fous 

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  • Barrons-nous ! / On se tire ! 

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  • J’ai du nez ! 

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  • Mon œil !  

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  • Je le jure 

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  • Ça suffit / C’est fini 

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  • T’es cinglé ! 

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Et enfin la dernière catégorie, celle des gestes uniques. Même ceux-ci, comme les précédents, doivent être connus pour être codifiés et la seule différence est que, dans ce cas, il n’y a pas d’équivalents dans l’autre culture. Vu l’extrême expressivité de l’Italien, les gestes uniques italiens sont beaucoup plus nombreux que ceux uniques français.


Gestes uniques français :

  • Verre dans le nez

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  • Il a un poil dans la main

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  • Passer sous le nez

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Gestes uniques italiens :

  • Quoi ? / Quand ? / Comment ? / Où ? / Qu’est-ce que tu dis ?

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  • Seul comme un chien

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  • Avoir peur

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  • Oublie ça !

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  • Gay

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  • Faire les choses en cachette

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  • Je te flanquerais bien une raclée !

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  • Fini

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  • Je t’engueule !

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  • Va te faire foutre !

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  • J’en ai ras-le-bol !

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  • Je t’ai roulé ! / Tu ne me roulera pas !

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  • Il y a longtemps

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  • Baiser

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  • Regarde ce con !

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  • Si seulement tu savais…

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Ceci est juste un échantillon des gestes italiens les plus communs. Pour ceux intéressés qui aimeraient explorer le sujet, le web compte de nombreuses vidéos démonstratives comme celle-ci :



 

 

 ou des parodies rigolotes comme la suivante :


 


 


Pour ceux qui, par contre, sont intéressés par les différences entre l’Italie et l’Espagne, je vous signale cette conférence donnée à l’EOI de Quart de Poblet (Espagne) par Giovanna Tonzanu :


 


 


On pourrait continuer le discours sur les différences interculturelles entre les façons de se saluer, de se toucher, de compter, etc. mais je préfère m’arrêter ici et laisser les prochains articles aborder ces sujets avec plus de détails. L’important est avoir retenu que, avant de juger négativement le langage corporel d’un étranger, il est nécessaire d’en connaître le background.

 

                        Bises de Paris,

Selvaggia Cerquetti


Pour lire l’article en italien

Pour lire l’article en anglais

 

Sources :

Photo 1: http://amicidilorenzo.blog.tiscali.it/2008/04/23/speak_italian_1885010-shtml/

Photo 2 : http://www.murderati.com/blog/2011/7/14/caught-red-handed.html

               http://nonciclopedia.wikia.com/wiki/File:Berlusconi_corna.jpg

Photos 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 11, 12, 14, 17-19, 22, 25, 27, 29, 30, 31, 33, 35, 37-39 :

http://french.about.com/library/weekly/aa020901a.htm

Photos 10, 13, 15, 16, 20, 21, 26, 28, 32, 36, 40-54 :

http://www.happyblog.it/galleria/gesti-italiani-popolari/1

Photo 24 :

http://www0.hku.hk/french/dcmScreen/lang2043/gestes.htm

Photo 56 :

http://balonbicerin.blogspot.com/2009/11/zeman-rovinato-da-moggiincarichi.html


Pease, Allan ; Pease, Barbara (2010), Perché mentiamo con gli occhi e ci vergognamo con i piedi?, Milan, Bur

 

  

 


Par isitintercultural-fr - Publié dans : Général
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